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Comment j’ai fait des sélections pour ma bibliothèque

Tu t’en doutes, estimé lecteur, je ne suis pas en train de parler de ma bibliothèque de quartier, ni de celle que j’entretiens avec amour depuis que je sais lire. Je te parle de la bibliothèque qu’on considère actuellement comme obligatoire, celle de future maman. Seulement, je ne mets pas n’importe quoi dans ma bibliothèque tout court (quoique), alors pas de raison pour celle de future Primi.

Donc j’ai fait une sélection (ce que tu pouvais soupçonner si tu as lu Comment j’ai halluciné #1). Sans me ruiner. D’abord il faut savoir que ce n’est pas parce qu’un bouquin coûte cher qu’il est bien. Ça marche pour tous les types de bouquins. Ensuite, ma bibliothèque de quartier m’a été d’une aide qui sans être irremplaçable a quand même été non négligeable (budget toussa).

Donc comme je l’ai dit précédemment j’ai lu le Pernoud. C’était moralisateur et vieillot, j’ai laissé tomber. Je ne recommande pas la lecture de cet ouvrage pourtant souvent décrit comme une très bonne ressource (pas ceci dit).

J’avais eu avec (en kit plus ou moins) « Attendre bébé » de René Frydman et Christine Schilte version 2001 (lui aussi est remis à jour régulièrement même si c’est pas tous les ans, sur l’image la version 2008).

Ma belle-soeur m’avait dit « Je l’ai bien aimé parce qu’il détaille vraiment l’évolution du bébé ». Moi qui suis biologiste de formation ça m’a moins passionnée, mais :

– c’est bien fait, facile à comprendre sans être trop simpliste

– c’est amené intelligemment (comprendre que l’information ne sort pas comme ça de nulle part) et ça sert à aborder d’autres sujets

Les autres sujets justement, en dehors des classiques sur le suivi médical et les pathologies fréquentes on trouve mention de traditions d’autres régions du monde, d’anecdotes sur l’évolution de l’obstétrique en France (comme l’apparition des cours de préparation à la naissance) etc. Moi j’ai bien aimé, surtout que le bouquin était finalement pas moralisateur, même s’il est orienté un peu médical (sans doute en raison des auteurs, on ne se refait pas).

Après quoi j’ai lu « Jeune maman et paresseuse » de Frédérique Core-Montagu.

Je l’ai lu jusqu’au bout. C’était nul. Il doit y avoir en tout 5 pages intéressantes dans le bouquin. En dehors de ça on pourrait presque remplacer le bébé par un accessoire de mode un peu bruyant, genre un chihuahua. Ce qui m’inquiète sur les motivations de mes contemporains à se reproduire. En plus j’y ai trouvé des conneries plus grosses qu’une éléphante enceinte (tant sur l’allaitement que sur le biberonnage, hein, pas de jaloux pour une fois) que même mes copines nullipares et pas intéressées par la procréation ont vu la faille dans le raisonnement. En plus ce bouquin s’adresse uniquement à des fillasses parisiennes. Je suis une feignasse, grande partisane du moindre effort, mais justement je ne me reconnais pas dans la définition que l’auteur semble donner de la paresseuse. Elle n’est pas paresseuse, elle est égocentrique. Que ce soit bien clair, loin de moi l’idée qu’il ne faut jamais prendre de temps pour soi, mais dans ce bouquin TOUT tourne EXCLUSIVEMENT autour du plaisir que la maman peut s’accorder, alors qu’à la base le bouquin est présenté comme « Comment gérer sa maternité en se fatigant le moins possible » donc on ne traite pas du même sujet là. Le bien être de l’entourage (papa y compris) est totalement secondaire. D’ailleurs puisqu’on parle de l’entourage : les grands-parents ne sont là que pour faire d’excellents baby-sitters gratuits et le papa sera FORCÉMENT paniqué et trop nul. Donc pour le papa, si votre modèle n’est pas resté bloqué dans une faille spatio-temporelle des années 30 à 60, ça devrait aller. Il ne sera pas plus nul que n’importe qui d’autre lors de sa première expérience avec un bébé. Quant aux grands-parents pour moi c’est le pire choix de garde possible. Sauf si vos parents font partie des quelques perles rares toujours prêtes à réellement se remettre en cause, l’éducation que vous avez reçue n’est pas forcément celle que vous souhaitez pour vos héritiers (en tous cas moi, j’ai prévu des adaptations)(je ne dis pas qu’il ne faut pas confier un bébé à ses grands-parents, seulement que c’est probablement pas la solution la plus pérenne). Bref heureusement que celui-ci aussi était un prêt ! De la part de quelqu’un qui m’a d’ailleurs dit « Ce livre est trop nase, mais toi qui fait toujours preuve d’esprit scientifique donne moi ton avis plus argumenté ».

Dernièrement j’ai lu « 100 réflexes future maman » de Patricia Réveillaud.

J’ai pas aimé non plus. Soit qu’on verse tellement dans le cliché de la femme enceinte cul-cul soit qu’on raconte n’importe quoi sur un ton ultra-moralisateur. Même si ça n’avait pas été des âneries je n’aurais pas apprécié le ton : ce n’est pas parce que je suis enceinte que mon cerveau a démissionné pour s’offrir des vacances de rêve avec les orangs-outans me laissant idiote et vide et ce n’est pas parce que je suis enceinte que je suis une petite chose fragile à qui il faut faire la morale sur un ton méprisant afin d’éviter que j’aille me gaver de sushis sans pour autant m’expliquer pourquoi la listériose c’est dangereux. Apparemment la listériose c’est dangereux, mais c’est tout ce que vous avez besoin de savoir (même pas besoin de savoir reconnaître un possible début de listériose, non, ça, ça pourrait vous être utile).

J’ai d’autant plus été déçue que l’ouvrage précédent m’avait attirée à cause de sa ressemblance avec « 100 réflexes allaitement » de Mélanie Schmidt-Ulmann, j’avais pas fait gaffe au changement d’auteur.

Celui-là m’a bien plu pour diverses raisons :

– les informations sont claires, bien énoncées, aucun terme technique sans explication, pas de paragraphes à rallonge, pour autant on sent que les infos ont été vérifiées

– les principes de base d’un allaitement qui fonctionne sont présentés de façon convaincante à plusieurs reprises

– l’index est très bien fait, de même que le chapitrage qui regroupe divers réflexes à chaque fois

– il est assez compact, ça peut paraître idiot, mais ce bouquin est surtout un pense-bête-remonte-moral qu’il est bon de pouvoir trimbaler facilement

– le ton est agréable, pas moralisateur, pas dictatorial, c’est plus le ton d’une copine qui a de l’expérience et qui vous conseille gentiment pour que vous puissiez profiter de vos nichons sans vous prendre la tête

Toutefois je lui vois quelques points faibles :

– certaines infos sont un peu trop répétées, ça peut lasser (moi je ne me lasse pas, mais je peux comprendre que ce soit le cas) et donner l’impression de se faire enfler sur le nombre de réflexes (le truc c’est que certaines causes pouvant avoir plusieurs effets, certains désagréments se résolvent tous de la même manière donc difficile d’innover dans le conseil)

– il manque quelques illustrations pour le réflexe sur les positions

Toujours sur le thème de l’allaitement, j’ai lu « L’allaitement – De la naissance au sevrage » de Marie Thirion.

Autrement dit j’ai lu la Bible. Je m’explique : ce bouquin tout le monde en parle, pour l’emprunter à la bibliothèque il m’a fallu patienter 6 semaines (or ils ont 3 exemplaires) et je n’ai pas pu prolonger mon emprunt puisque d’autres personnes attendaient que je lâche le précieux document pour se jeter dessus. Il faut bien reconnaître que comme pour le précédent c’est clair, agréable de ton, bien expliqué, pas trop technique mais aucune information scientifique n’est esquivée par une pirouette, il est illustré, il a un index et un sommaire qui permettent de se repérer facilement dans l’ouvrage. Bref il serait parfait s’il n’était pas si gros. Lui il est trop gros pour être trimbalé partout, mais éventuellement pour une discussion avec le pédiatre il va tenir dans le sac à langer hein. Spa non plus le Larousse ou le Littré.

L’allaitement, encore, j’ai lu « Les 10 plus gros mensonges sur l’allaitement » et « Petit guide de l’allaitement pour la mère qui travaille » de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau.

Les 10 plus gros mensonges, c’était ma première lecture. Très informatif, je le trouve tout de même un peu trop versé dans le pro-nichon et pas assez en nuances et l’explication que foirer un allaitement ça arrive et ce n’est pas grave (même si ça peut être très triste, démoralisant et tout), mais qu’il ne faut pas se laisser avoir par certaines idées reçues (ce qui est pourtant l’idée de base du bouquin). Il contient un petit passage sur le papa, qui a bien plu à M. Doudou même si globalement il était déjà convaincu. Le Petit guide pour la reprise du boulot est très bien fait, même pour moi qui suis un cas un peu particulier, j’ai réussi à trouver toutes les infos qui me concernent (genre le texte de loi toussa) et puis évidemment tout un tas d’astuces et de conseils d’organisation qui, eux, sont valables pour n’importe qui (pas tous évidemment, mais vous en trouverez bien un qui vous concerne). Beaucoup plus de nuances dans ce livre là, l’idée que mener de front allaitement et travail est possible est très présente (heureusement me direz-vous), mais l’auteur est très rassurante pour celles qui sont fatiguées, pas soutenues etc. Le ton est clair et agréable, C.-S. Didierjean-Jouveau n’en est pas vraiment à son coup d’essai des livres sur l’allaitement à destination du grand public, personnellement c’est une auteur que j’aime beaucoup… Comme ce sont des petits bouquins, non seulement ça se lit vite, mais en plus ça peut aisément se trimbaler.

Je suis biologiste-agronome de formation, la technique c’est mon dada. Du coup j’ai lu « Allaitement maternel – Précis de pratique clinique » qui est un ouvrage collectif.

C’est assez technique, mais si vous avez été bons en biologie au lycée vous devriez arriver à saisir ce qui se raconte. Personnellement j’apprécie les fiches techniques qui tordent le cou à beaucoup d’idées reçues (il faut complémenter la mère qui allaite et le bébé aussi, on ne peut rien filer comme médocs…) et les nombreuses références à des études menées « chez nous » (entendez dans des pays industrialisés-développés depuis longtemps) qui démontrent la supériorité de l’allaitement maternel, la praticité, l’économie etc. et qui ce faisant démonte les arguments du style « Oui l’OMS recommande l’allaitement exclusif, mais bon c’est surtout pour les pays pauvres hein » (qu’est-ce que les gens ne comprennent pas dans organisations MONDIALE de la santé ?!). En plus ça donne de bonnes bases pour les discussions avec les professionnels (et notamment la connasse de la maternité qui a essayé de me soutenir qu’on pouvait faire de la pub pour un aliment pour nourrisson 1er âge).

Comme je lis beaucoup j’ai aussi parcouru « Élever son enfant autrement » de Catherine Dumonteil-Kremer.

Pour moi c’est un recueil d’idées et de pistes de réflexion. C’est très fourni, voire trop on a du mal à tout explorer et j’ai trouvé beaucoup de choses intéressantes même si j’ai trouvé un peu gonflant le passage sur l’éducation non-violente et tous les reproches que nous pourrions faire à nos parents. C’était trop redondant. Ceci dit ça donne une très bonne base de discussion avec M. Doudou sur ce que nous souhaitons ou non mettre en place pour le PCP et ceux qui suivront éventuellement. Donc à lire pendant la grossesse et aussi après à mon avis.

Voilà pour l’instant c’est tout, mais c’est déjà pas mal. Au final ma bibliothèque perso de primi contiendra surtout des ouvrages sur l’allaitement, mais en ce moment je lorgne sur les techniques de massage des bébés, il se pourrait que je me documente aussi en version papier (pour l’instant c’est surtout de l’oral). Je ferai peut être un billet dédié du coup.

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