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Comment j’ai fait dormir mon fils

Avec notre projet de PCP-Numérobis, M. Doudou et moi nous sommes surpris à souhaiter exactement la même chose : qu’il dorme, bordel ! Vous allez me dire « Ouais ben tous les parents souhaitent ça ». Oui, mais comment vous faire comprendre mon problème…

Tout d’abord il faut savoir que la maladie familiale dont je suis porteuse comporte comme symptôme l’hyperfatigabilité. Un bien gros mot pour dire qu’en gros un rien t’épuise. Avant d’être maman les gens que j’entendais dire « Non, mais tant que t’as pas de gosses tu sais pas ce que ça veut dire d’être vraiment fatigué » me faisait me couvrir d’eczéma. Ah ouais ? Genre sous prétexte qu’on a pas de gamin on peut pas être fatigué ? Sous prétexte qu’on a pas de gamin on ne sait pas ce que c’est d’être prêt à vendre père et mère pour 5 minutes de repos ? Mais mon grand, si tu m’offres 5 minutes de repos là tout d’suite maintenant, mais moi je dis oui ! Même si pour ça je dois te céder ma Mémé ! Ma Mémé quoi ! Pour te dire où j’en suis rendue. « Tu peux pas imaginer ce que c’est comme fatigue ». Ça c’est ce que vous disent les gens qui avant d’être parents n’avaient jamais expérimenté la fatigue chronique en d’autres occasion qu’une bonne grippe. Moi je suis fatiguée depuis que je suis née. C’est génétique, je n’y peux rien.
Si on me laisse tranquille je dors entre 12 et 14h par jour et je suis en pleine forme le reste du temps. Tout le monde ne peut pas le faire, croyez-moi. Seulement je ne vis pas dans un monde qui me permet de gagner ma vie correctement et d’assouvir mes besoins naturels en nombre d’heures de sommeil. Conclusion je suis chroniquement fatiguée. Vous avez déjà vu quelqu’un s’endormir en sursaut ? Et oui,  je l’ai fait. Je m’endors brutalement, comme un narcoleptique, sauf que moi j’en ai conscience et qu’il n’est pas dangereux de me réveiller. Et encore… Je dis j’en ai conscience, mais il m’est arrivé un paquet de fois de me réveiller sans m’être rendue compte que je m’étais endormie.
Je vis dangereusement, je conduis, je me suis déjà endormie dans ma baignoire. Quand les gens savent que vous êtes au bain ce n’est pas grave ils s’inquiètent rapidement de ne plus entendre de bruit en provenance de la salle de bain. En revanche quand vous avez 17 ans et que vous rentrez de l’anniversaire de Machin à 6h30 (dodo à 22h30, mais premier bus de la journée pour être à l’heure au repas de midi chez Tante Gertrude) en sentant la transpi à 10m, ben vous allez pas réveiller la famille pour leur demander de surveiller… Ma spécialité petite était de me lever la nuit pour aller aux toilettes et de m’y rendormir. Le plus étonnant c’est que je ne suis jamais tombée…
Bref vous comprenez mieux pourquoi j’ai dit « J’ai aussi découvert que je n’avais pas besoin de dormir. Dormir c’est pour les faibles. » ici.

Et bien évidemment M. MiniDou ne dormait pas. Ben non, il était tellement épuisé tout le temps (lui aussi a un Ehlers-Danlos) qu’il était trop fatigué pour arriver à s’endormir. Les (nombreux) connards qui m’ont dit « C’est pas grave s’il ne fait pas la sieste, il dormira mieux cette nuit » n’ont pas été sourds.

Au tout début on y a cru, il allait arriver à trouver un rythme de sommeil. On a rapidement déchanté.

Le premier jour quand je suis revenue de la maternité le lit de M. MiniDou était dans sa chambre. Il a donc passé la première nuit dans sa chambre et son père et moi avons fait des allers-retours lors des réveils pour les tétées. Nous n’avons pas hésité plus d’une demi seconde après le premier réveil : M. MiniDou allait venir dormir avec nous. Le lendemain on a donc installé son lit avec un côté ouvert contre le notre. Ça tombe nickel son matelas et le notre sont à la même hauteur.

Cette installation a duré trois mois. M. MiniDou ne faisait pas la sieste dans la journée (à part en écharpe) et il continuait à se réveiller toutes les 4h la nuit, mais je n’avais pas loin à aller pour le récupérer, le faire téter et le recoucher.
Quand il s’est mit à se réveiller vers 3h du mat et à ne pas se rendormir avant 5h.
S’il avait juste babillé dans son coin, on s’en serait moqué. Seulement si il ne nous voyait pas il hurlait. Pas de colère, non, il hurlait de terreur. Au début on a trouvé une solution, on lui mettait la lumière d’une petite guirlande de lampions et il était ravi. Sauf qu’au bout d’un moment il s’est aussi mit à flipper si on fermait les yeux (enfin, si JE fermais les yeux, vu que son père était de l’autre côté du lit). Bilan je ne dormais plus.

En désespoir de cause nous avons remis M. MiniDou dans sa chambre à lui, pour voir, après tout qu’est-ce qu’on avait à perdre ? Du jour au lendemain il n’y a plus eu qu’un seul réveil par nuit. En plus un réveil facile à gérer : 10 minutes de tétée et hop au dodo. Nickel. Ensuite M. MiniDou a fait ses nuits ! Wouhou ! Il ne faisait toujours la sieste que dans l’écharpe et en mouvement, mais il dormait de 19h30 à 6h45 (pas une minute de plus ou de moins) ! Ça a duré un mois. C’était magique, j’étais presque reposée.

Et puis… Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais il s’est remis à se réveiller la nuit. Une fois, puis 2, puis 3, puis toutes les heures. Je dormais avec lui sur les genoux dans le fauteuil de sa chambre, solution qui permettait qu’il ne se réveille pas, trouvée par hasard le jour où je me suis endormie de fatigue pendant une tétée et réveillée le lendemain matin mon fils toujours sur le coussin d’allaitement. Sauf que :
1 – je dormais SUPER mal
2 – il dormait qu’à moitié
3 – j’étais terrorisée à l’idée de le laisser tomber.

J’en étais là de mon problème quand on est partis en vacances 10 jours en Italie. Vacances pendant lesquelles M. MiniDou a à nouveau dormi avec nous. Le mot important dans cette phrase c’est DORMI. Nous avons dormi. C’était merveilleux. Bon il y avait encore 2 réveils par nuit, mais entre temps on dormait. C’était formidable. De retour en France, j’ai dit à M. Doudou : « Soit il revient avec nous, soit je m’installe avec lui, soit n’importe je m’en fous, mais je ne veux plus avoir à me lever. »

On a donc remis en place notre premier système. Évidemment les réflexions autour de nous sur le thème de « Il ne va jamais se détacher de vous », « Il ne sera jamais autonome » ont été légion. J’ai ri et répondu que je m’en foutais qu’il soit pas autonome si je pouvais dormir et qu’en plus à un moment il avait fait ses nuits, seul dans sa piaule, donc ça reviendrait quand il serait prêt.

C’est aussi à ce moment là que M. MiniDou a commencé à faire une sieste le matin et une sieste l’après midi. L’endormissement le soir est devenu tellement plus facile.

Quand il a commencé à vraiment être capable de se déplacer, nous avons fait le choix de le remettre dans sa chambre pour des questions de sécurité. Nous le lui avons dit et nous lui avons montré comment on installait son lit dans sa chambre, où on allait le mettre et il a été ravi.

On est d’ailleurs rapidement passés à un seul réveil par nuit et une seule sieste par jour. C’était chouette. Le seul hic, c’était que le réveil restant était positionné entre 5h et 6h30 du matin. Or si à 5h on pouvait recoucher M. MiniDou pour 3 bonnes heures, gratte toi pour en faire autant à 6h30. En plus 6h30 c’est pile l’heure à laquelle je me lève pour partir au boulot quand je commence à 8h.
À noël, je craque et j’explique à mon fils que cette tétée nocturne va devoir disparaitre parce qu’elle m’épuise, qu’elle perturbe clairement son rythme de sommeil à lui (et aussi que ça me gave méchant de me réveiller aussi tôt, mais ça je le garde pour moi). Le lendemain il se réveille à 6h15, son père lui rappelle ce que j’ai dit :
 » Tu te souviens de ce que t’as expliqué maman ?
– Voui…
– Tu comprends qu’il faut se recoucher ?
– Pffffff…  »
Il se recouche et ne se réveillera plus avant 7h du mat.

Donc je peux le dire aujourd’hui : mon fils dort bien et va au lit avec plaisir sans même exiger de rituel si ce n’est un bizou de toutes les personnes présentes (wow trop dur de faire un bizou à un petit bonhomme). Parce qu’on a attendu qu’il soit prêt pour dormir seul, pour dormir toute la nuit, parce qu’on lui en a parlé et qu’on ne l’a pas laissé pleurer seul, sans fin.

Aujourd’hui mon fils m’a dit « Dodo, moi, maman. Bonne nuit. Bizou. Aaaaah dodo. Aaaah. Super ! »

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